Tuesday, 13 January 2009

Ma Semaine

Maintenant que tout est à peu près en place je peux te raconter ma semaine. Tu as assez de soucis comme ça, pas la peine que j’en rajoute. Quel dommage que les éditeurs n’aiment pas rire dans la tragédie !

Lundi matin. J’appelle papa. « Comment vas-tu ? » Réponse à peine audible « mal merci ». Violente douleur au ventre. J’y cours. Il est très faible. « Papa, j’appelle le docteur ». Non qu’il dit : ça va passer. Je reste, je repars, je reviens …Mardi matin, ça ne va pas du tout, ça empire. Allo docteur, pouvez-vous venir ? - Si j’ai le temps.- Merci docteur ! 20h il vient. Prescrit des médicaments pour constipation et hausse de tension.

Mercredi matin froid de canard, il ne va pas tarder à neiger. Je vais chercher l’ordonnance et court à la pharmacie (à pétaouchnok ). De nouveau je vais-je viens…ça va de mal en pis. Je rappelle le toubib. Ce n’est pas le même. Urgences dit-il. Il organise tout. Merci docteur. Je dis à Papy que c’est juste pour faire une radio. Si je lui dis on va à l’hôpital il ne monte pas dans l’ambulance. Il tient quand même à leur ouvrir lui-même à l’interphone et dire d’une voix forte (d’où il la sort celle-là ?) : « je vous ouvre, comme ça vous serez au repos !!!! (soldats, rompez). Aux urgences il y a foule. Comme je ne suis pas autorisée à rester avec lui je rentre chez moi et téléphone toutes les ½ heures (ce sont eux qui me le demandent). La neige tombe. A 19h (il est aux urgences depuis 14h) on s’occupe enfin de lui. Radio. 10 minutes + tard, il me téléphone : viens me chercher. Moi, je ne comprends pas. Pourquoi l’ambulance ne te ramène-t-elle pas ? En fait comme le médecin urgentiste lui annonce qu’on doit lui faire un lavement, il signe une décharge et fiche le camp. Sète est une patinoire (d’où la foule aux urgences !!) hors de question pour moi de prendre le risque de me casser quelque chose (une personne de + aux urgences et ils pètent les plombs !). Il rentre en taxi. Pas d’ambulance étant donné qu’il a refusé de se laisser soigner. (normal).

Jeudi, il ne va pas bien du tout. Je vais-je viens, ça n’a l’air de rien mais comme on ne peut pas se garer chez lui, tu vois le chemin que je fais chaque fois (il faut se garer en haut de la rue Honoré Euzet – les soldes battent leur plein d’où encombrement des voitures.

Jeudi 20h – papy est chez lui, tout seul avec un risque d’occlusion intestinale (dixit les toubibs). Le téléphone sonne. Mamy : je suis tombée, je me suis fait mal au poignet. Où, quand ? – cet après-‘m chez des copines on tirait les rois. Moi : pourquoi n’avez-vous pas appelé l’ambulance pour aller faire une radio. A ce moment-là le fou-rire me gagne (je le libèrerai quand j’aurai raccroché…) à quelques heures près, ces 2 là qui s’évitent comme la peste depuis 25 ans ont bien failli se retrouver nez à nez aux urgences. Moi : que veux-tu que je fasse ? La route est impraticable. Je me suis fait l’insuline etc…
Mamy : qu’est ce que je fais ? - Tu prends un calmant et tu vas au lit (elle non plus ne veut pas aller à l’hosto).

A 20h30 je m’effondre sur mon bon fauteuil m’apprêtant à regarder un truc rigolo à la télé. Que couic je m’endors et me réveille à 1h du matin.

Le lendemain matin, j’appelle les 2 malades. Papy va mieux et mamy est introuvable. Elle m’appelle 1h après : - J’ai le bras dans le plâtre.
Il faut en conclure : elle ne peut pas marcher du tout puisqu’elle ne peut pas s’appuyer sur son déambulateur. A midi je suis en train de manger, tout à coup je réalise, fonce sur le téléphone : allo maman comment tu fais pour manger ? – Elle ne sait pas. - Maman, appelle la voisine le temps qu’on arrive à joindre Nadia (qui travaille un peu chez elle et qui habite au rez-de-chaussée). Je recommence à manger… 5 minutes plus tard re téléphone : c’est papy : « dis tu peux me porter des briques de lait, je n’en ai plus. » oui papa. Je finis de manger en me demandant comment je vais faire pour porter des kilos de lait alors qu’on ne peut pas se garer. Finalement je vais acheter le lait, mets tout ça dans mon petit caddie, j’arrive à me garer (et encore c’est parce que j’ai un abonnement au parking des halles – sinon il est complet) et je tire je ne sais combien de kilos depuis les halles jusque chez papy. Là il y a 1 étage et demi. Je hisse mon caddie marche par marche. Il va beaucoup mieux et retrouve le ton militaire.

A 19h je suis en train de prier, il appelle « dis la batterie de ta voiture avec le froid etc… » oui papa je sais je sais « quoi tu sais tu sais tu sais quoi…en Algérie…) il va très nettement mieux.

Quand l’infirmier arrive, je suis affalée sur mon fauteuil…j’ai 11 de tension. Et lui de dire : « mais enfin Mme Hamonet comment vous vous débrouillez ? » Ah ces mecs !!!

Le lendemain, Mamy au téléphone. – Pourquoi mon infirmière n’est pas là ? – (Je n’arrive pas à remettre la main sur ma boule de cristal.) – J’appelle l’infirmière sur son portable. Elle dit: Vous comprenez hier j’ai passé tant de temps avec elle que j’ai été en retard avec tous mes autres patients, donc aujourd’hui je termine par elle. – Je le dis à Mamy…qui rouspète of course. Un peu plus tard : elle rappelle : - dis tu peux venir me recharger mon portable il n’y a plus de sous ? -

Je vais voir Papy. « Assieds-toi, il faut que je te parle. Ma femme de ménage me vole (il me dit ça depuis 1 an. Je suis partagée, depuis 1 an. C’est un phénomène fréquent chez les personnes âgées. Mais lui me paraît tout à fait cohérent). Je lui ai dit qu’il fallait qu’elle me rende ce qu’elle m’avait pris, surtout un petit sac à dos que je garde pour Lucy pour aller à l’école ( !). Elle a crié et elle est partie. »
Bon, et maintenant plus de femme de ménage. Déjà qu’avec c’est pas jojo, sans…et lui de rajouter « tu peux m’en trouver une ? »

Samedi avant d’aller à la messe, je vais chez Mamy. – tiens tant que tu es là, tu peux couper mon médicament en deux ? et me donner de l’eau…of course.

Au lieu de prendre le médicament du bout des doigts, (il lui est recommandé de faire bouger ses doigts) de le mettre dans la bouche et de prendre son verre, non elle ouvre la bouche pour que je lui mette son médicament dedans.

Je compte sur la messe pour me remettre toutes les sortes de sentiments pas forcément positifs qui se bousculent dans mon petit cœur.

Je porte une grande boîte de chocolat (les soldes de chocolats après Noël heureusement) à la voisine que mamy fait tourner en bourrique. Elle est sortie et je la donne à son mari qui en profite pour me dire :
« votre mère, qu’est ce qu’elle pénible ! Vous savez elle n’est pas sympathique, ici personne ne l’aime » et vlan rajoutez-en une couche. Je sais pourquoi : elle ne demande jamais un service, elle donne un ordre ni s’il vous plait ni merci….la raison pour laquelle je me ruine en boîtes de chocolat !

Feu d’artifice dimanche matin, une longue conversation avec Lucy d’abord et toi ensuite. Merci à vous, merci mon dieu !

Demain lundi début d’une nouvelle semaine. Ah non, on n’y pense pas, demain est un autre jour, une autre semaine je vais pouvoir me reposer et me distraire…en m’occupant de mes deux amies qui flanchent. Quand je fatigue, je dis la parole de l’Evangile : « Qui veut sauver sa vie la perdra ». Bon bon, d’accord Seigneur, tu t’occupes de ma vie et moi de celle des autres. Dans le fond j’y gagne, tu es beaucoup plus calé que moi en ce qui concerne le don de soi.

1 comment:

  1. Coucou, c'est Stéphanie, votre fervente lectrice. Voilà, il est 9h du mat je suis au boulot et franchement je viens de prendre ma "dose" de bonne humeur pour la journée. Merci pour ces mots qui me font toujours sourire et bien souvent rire. Merci et bonne journée, à bientôt pour de nouvelles lectures. Au fait bravo pour votre fille car ce blog est très "classe", super !!!!

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